Couleurs en japonais - Obon - Isshoni Blog Japon

Les couleurs en japonais

La culture japonaise accorde depuis longtemps une place importante à l’observation de la nature et aux changements des saisons. Cette sensibilité se retrouve notamment dans le vocabulaire des couleurs en japonais, avec par exemple le vert jeune bambou, la couleur aile de corbeau, ou encore le blanc gofun (obtenu à partir de coquilles d’huîtres écrasées). C’est parti pour un voyage dans l’univers fascinant des couleurs de la langue japonaise !

Comment dit-on les couleurs en japonais ? Rouge, bleu, vert, jaune, blanc, noir… Apprendre les couleurs en japonais fait partie du vocabulaire indispensable pour débuter la langue. Mais saviez-vous que le japonais possède aussi des centaines de noms de couleurs traditionnelles inspirées notamment de la nature (des fleurs, des plantes, des pigments) et des animaux ?

Les couleurs ne changent pas d’un pays à l’autre, mais les mots utilisés pour les désigner ainsi que leur perception diffèrent. Lorsque vous êtes au Japon, il est bien sûr utile d’apprendre des expressions courantes comme arigatô (merci) ou sumimasen (excusez-moi), mais apprendre les couleurs en japonais est indispensable dès les premiers niveaux. 

En plus, les couleurs japonaises sont beaucoup plus intéressantes qu’une simple liste de vocabulaire. Certaines sont de véritables adjectifs, tandis que d’autres se comportent comme des noms

Au Japon, la perception physique des couleurs reste bien sûr la même que partout ailleurs dans le Monde avec des millions de couleurs, mais d’un point de vue culturel et historique, on ne recense qu’entre 300 et 500 couleurs traditionnelles (伝統色, dentôshoku) au Japon.

Sommaire

Les principales couleurs en japonais

Historiquement, la langue japonaise ne reconnaissait que 4 couleurs fondamentales :

  • Blanc :
    白 (しろ、shiro)
  • Noir :
    黒 (くろ、kuro)
  • Rouge :
    赤 (あか、aka)
  • Bleu :
    青 (あお、ao)

Ces 4 couleurs sont les plus anciennes dont on ait une trace dans la langue japonaise. Ce sont d’ailleurs aussi les seules auxquelles on peut ajouter le préfixe ma (真) pour parler d’une couleur pure ou intense :

  • Blanc pur / immaculé :
    真っ白 (まっしろ、masshiro)
  • Noir total :
    真っ黒 (まっくろ、makkuro)
  • Tout rouge / cramoisi :
    真っ赤 (まっか、makka)
  • Bleu profond :
    真っ青 (まっさお、massao)

Pendant des siècles, le vert n’existait pas en tant que catégorie distincte et était considéré comme une nuance de bleu. Raison pour laquelle il ne fait pas partie des couleurs traditionnelles alors que c’est une couleur omniprésente dans la nature. Aujourd’hui encore, les Japonais qualifient la couleur des feux de signalisation « verts », des pommes Granny Smith ou des feuillages printaniers par le mot ao (bleu). 

Voici donc les couleurs les plus courantes en plus des 4 traditionnelles :

  • Vert :
    緑 (みどり、midori)
  • Violet :
    紫 (むらさき、murasaki)
  • Jaune :
    黄色 (きいろ、ki’iro)
  • Marron :
    茶色 (ちゃいろ、chairo, « couleur de thé »)
  • Rose :
    ピンク (pinku)
  • Orange :
    オレンジ (orenji)
  • Gris :
    グレー (gurê)

On peut également rajouter les couleurs liées aux matières précieuses et qui ont eu de l’importance au cours de l’Histoire, notamment pour afficher la richesse ou la position dans la société :

  • Or :
    金色 (きんいろ、kin’iro)
  • Argent :
    銀色 (ぎんいろ、gin’iro)
  • Bronze / Cuivre :
    銅色 (どういろ、dôiro)
Les exemples les plus connus sont probablement le « Pavillon d’or » (金閣寺, kinkaku-ji) et le « Pavillon d’argent » (銀閣寺, ginkaku-ji) situés à Kyôto et où l’on retrouve bien les matériaux dans le nom.
 
Enfin, n’oublions pas les teintes dérivées des autres couleurs. Tout comme chez nous, il y en a un très grand nombre qui ont un nom, dont voici les principales :
 
 
  • Bleu clair :
    水色 (みずいろ、mizuiro)
  • Bleu marine :
    紺色 (こんいろ、kon’iro)
  • Indigo :
    藍色 (あいいろ、aiiro)
  • Vert clair :
    黄緑 (きみどり、kimidori)
  • Vert foncé :
    深緑 (ふかみどり、fukamidori)
  • Rouge vermillon :
    朱色 (しゅいろ、shuiro)
  • Rose pâle / cerisier :
    桜色 (さくらいろ、sakurairo)
  • Violet clair / glycine :
    藤色 (ふじいろ、fujiiro)
La plupart du temps, pour les noms de couleurs comme ici, on va les nommer en utilisant des éléments de la nature comme par exemple le bleu clair mizuiro, qui est la combinaison des kanjis de l’eau et de la couleur. Le bleu clair est donc en fait en japonais « bleu-eau ».
 
 
On peut aussi combiner plusieurs couleurs, comme par exemple le vert clair kimidori qui est la combinaison de jaune (ki) et de vert (midori). Le vert clair est donc un « vert-jaune ».
 
 
Ou alors, on peut ajouter un adjectif à la couleur pour lui donner une profondeur, comme par exemple le vert foncé fukamidori qui est la combinaison de « profond » (fukai) et de vert (midori). Le vert foncé est donc un vert profond.
 
Voici donc toutes les couleurs en japonais les plus utiles résumées en deux tableaux avec les couleurs principales dans le premier, et les teintes dérivées dans le second :
Français Kanji Kana Rômaji
Blanc
しろ
Shiro
Noir
くろ
Kuro
Rouge
あか
Aka
Bleu
あお
Ao
Vert
みどり
Midori
Violet
むらさき
Murasaki
Jaune
黄色
きいろ
Ki’iro
Marron
茶色
ちゃいろ
Chairo
Rose
ピンク
Pinku
Orange
オレンジ
Orenji
Gris
グレー
Gurê
Or
金色
きんいろ
Kin’iro
Argent
銀色
ぎんいろ
Gin’iro
Bronze / Cuivre
銅色
どういろ
Dôiro
Français Kanji Kana Rômaji
Bleu clair
水色
みずいろ
Mizuiro
Bleu marine
紺色
こんいろ
Kon’iro
Indigo
藍色
あいいろ
Aiiro
Vert clair
黄緑
きみどり
Kimidori
Vert foncé
深緑
ふかみどり
Fukamidori
Rouge vermillon
朱色
しゅいろ
Shuiro
Rose pâle
桜色
さくらいろ
Sakurairo
Violet clair
藤色
ふじいろ
Fujiiro

Utilisons les mangas

Quand un mangaka nomme ses personnages, il doit parfois trouver des dizaines de noms différents. Il lui faut donc de l’inspiration, comme par exemple Akira Toriyama qui a utilisé des noms de fruits et légumes pour ses personnages dans Dragon Ball.

Pour les couleurs, l’un des meilleurs exemples est Kuroko no Basket, car chaque personnage a une couleur dans son nom, généralement de la couleur de ses cheveux !

Comment décrire des couleurs

En dehors des noms de couleurs en soi, il peut aussi être pratique de décrire une nuance ou un contraste. Voici donc un peu de vocabulaire qui devrait vous aider à le faire très simplement :

  • Foncé, intense :
    濃い (koi)
  • Clair, pâle :
    薄い (usui)
  • Sombre :
    暗い (kurai)
  • Clair, lumineux :
    明るい (akarui)

Exemples :

濃い青
koi ao
bleu foncé

薄い青
usui ao
bleu pâle

暗い青
kurai ao
bleu sombre

明るい青
akarui ao
bleu clair

Comment utiliser les couleurs

Si vous n’êtes pas à l’aise avec les groupes d’adjectifs en japonais et comment les utiliser, un article sortira bientôt dessus sur ce blog. Mais en faisant rapide, il n’y a que deux groupes d’adjectifs en japonais : les adjectifs en -i, et les adjectifs en -na.

Concernant les couleurs, les seules qui soient des adjectifs sont les 4 traditionnelles (blanc, noir, bleu et rouge) ainsi que le jaune et le marron. Pour les autres, qui ne sont que des noms et non pas des adjectifs, on procédera différemment.

Les mots ピンク (pinku, rose), オレンジ (orenji, orange) ou encore 緑 (midori, vert) ne sont que des noms. Il n’existe pas de forme adjectivale telle que ピンクい (pinkui), オレンジい (orenjii) ou 緑い (midorii). Il semble toutefois que, dans certaines régions, le mot pour « rose » puisse être utilisé comme adjectif sous la forme ピンクい (pinkui).

En d’autres termes, parmi les noms de couleurs en japonais, certains peuvent prendre la forme d’adjectifs ou de noms, tandis que d’autres ne sont que des noms. Les 6 couleurs qui possédent une forme adjectivale en -i sont le bleu, le rouge, le blanc, le noir, le jaune et le marron. Les autres couleurs ne sont utilisées qu’en tant que noms.

Pour les couleurs adjectifs :

Il suffit d’ajouter le suffixe -i (d’où leur nom) à votre couleur, et de mettre le tout juste devant le nom que vous souhaitez qualifier.

赤い車
akai kuruma
une voiture rouge

Pour les couleurs noms :

Il faudra utiliser la particule の (no) pour relier votre couleur et le nom que vous souhaitez qualifier.

緑の車
midori no kuruma
une voiture verte

Le mot "couleur" en japonais

En japonais, le kanji pour « couleur » est 色 (いろ、iro). On le croise assez souvent en japonais, même quand ce n’est pas forcément pour parler de couleurs comme précédemment, c’est donc un mot utile à retenir !

Par exemple :


この色
このいろ
kono iro

Cette couleur

 

好きな色
すきないろ
suki na iro

Une couleur que l’on aime

 

色々
いろいろ
iroiro

Divers, varié, de différentes sortes

Noms et adjectifs

La nature grammaticale des mots désignant les couleurs en japonais est assez complexe car toutes les couleurs ne fonctionnent pas de la même manière lorsqu’elles servent à qualifier un nom.

Il y a en tout seulement 4 couleurs qui sont réellement des adjectifs, à savoir les 4 couleurs traditionnelles, qui peuvent toutes être aussi bien utilisées en tant que nom qu’adjectif en -i. 

À l’époque Edo, le jaune et le marron s’y sont ajoutées, à la petit différence qu’on ne peut pas simplement ajouter un い (i) à la fin de la couleur. Il a donc avant cela fallu rajouter le mot « couleur » 色 (iro), que nous avons vu précédemment. Ce qui nous donne donc :

Français Nom Adjectif
Blanc
白 (shiro)
白い (shiroi)
Noir
黒 (kuro)
黒い (kuroi)
Rouge
赤 (aka)
赤い (akai)
Bleu
青 (ao)
青い (aoi)
Jaune
黄色 (ki’iro)
黄色い (ki’iroi)
Marron
茶色 (chairo)
茶色い (chairoi)

À ce stade, vu que les deux ont le même sens mais qu’il n’y a que la nature grammaticale (nom ou adjectif) qui change, vous vous demandez sûrement quelle est la différence, et c’est justement ce que nous allons voir !

Avec ou sans い ?

Arrivé ici dans la lecture de l’article, vous l’aurez compris, la différence entre 白 (shiro) et 白い (shiroi) vient de sa nature. Le premier est un nom, là où le second est un adjectif, et cela n’est possible qu’avec les 6 couleurs vues précédemment vu que toutes les autres ne peuvent être que des noms.

Mais alors comment savoir quand utiliser quelle forme ?
Et bien c’est assez similaire au français sur ce point, ce qui facilite grandement l’exercice.

En règle générale, on a tendance à utiliser davantage la forme adjective lorsqu’on décrit la couleur d’un objet par exemple.

茶色い靴
chairoi kutsu
des chaussures marron

Dans ce cas là on utilise bien la forme adjective car on décrit la couleur des chaussures : l’adjectif est dit qualificatif.

Par contre, si on ne veut non pas désigner la couleur en tant qu’attribut d’un objet mais pour spécifier cette couleur parmi toutes les autres…

あかのかばんのほうがいいです
aka no kaban no hô ga ii desu
le sac rouge est mieux

…ou alors lorsqu’elle est précédée d’un déterminant (le, un, du, etc.), on utilisera alors la forme nominale :

あおがすきです
ao ga suki desu
j’aime le bleu

Utiliser la forme nominale dans le premier exemple permet d’insister sur la catégorie de couleur (par exemple, si on choisit entre plusieurs options de couleurs).

Un peu d'histoire...

Pour ceux que ça intéressent et que je n’ai pas encore perdus, voici un petit historique des couleurs au Japon, en condensé bien sûr car on pourrait écrire un livre entier dessus.

La nature est l’un des facteurs les plus importants qui déterminent la manière dont nous interagissons avec le monde qui nous entoure et dont nous le percevons. Quelqu’un vivant dans le désert perçoit sans aucun doute la couleur verte très différemment de quelqu’un vivant dans une forêt luxuriante.

Tout comme en français, les noms des couleurs en japonais sont souvent liés aux plantes et aux animaux, car ce sont les meilleures sources d’inspiration. 

L’azukiiro (小豆色, rouge azuki) par exemple tire son nom des haricots azuki (alias la meilleure chose qui soit, qui sert souvent de garniture aux pâtisseries japonaises).

La souris (nezumi) est quant à elle très présente pour définir les gris. On peut citer par exemple le budô nezumi (ぶどうネズミ, ou « souris raisin »), qui est un gris violacé, mais la liste est longue ! Elle comprend des noms tels que :

  • fuji nezumi (藤ネズミ, ou « souris Fuji »), un gris-violet clair,
  • yanagi nezumi (柳鼠, ou « souris saule »), un gris-vert clair,
  • cha nezumi (茶鼠, ou « souris thé »), un gris-marron clair

Le Japon a donc fait de sa grande population de rats une source d’inspiration pour créer des teintes au plus proche de ce qu’ils percevaient dans leur quotidien. Cela a d’ailleurs donné naissance à l’époque Edo à ce qu’on appelle shijû haccha hyaku nezumi (四十八茶百鼠 ), ce qui se traduit par « 48 thés et 100 souris« .

Extrait 100 souris - Couleurs en japonais - Isshoni Blog Japon
Extrait des "100 souris"
Extrait 48 thés - Couleurs en japonais - Isshoni Blog Japon
Extrait des "48 thés"

À l’époque d’Edo, des lois somptuaires (réglementations anciennes qui limitaient les dépenses somptuaires, c’est-à-dire les achats de luxe, les festins et les tenues trop voyantes) imposées par le gouvernement interdisaient au peuple de porter des couleurs vives. Pour contourner ces restrictions, les artisans teinturiers ont fait preuve d’une créativité immense en déclinant les couleurs autorisées : le marron, le gris et l’indigo

Ils ont ainsi créé une multitude de variations subtiles : 48 nuances de marron (inspirées des différentes étapes de l’infusion des feuilles de thé) et 100 nuances de gris (inspirées de la fourrure des souris).

Les origines du système traditionnel japonais des couleurs remontent à l’an 603, lorsque le prince Shôtoku instaura le premier système de grades et de rangs à douze niveaux au Japon. Fondé sur les valeurs confucéennes et les cinq éléments chinois, ce système d’ordre social déterminait le rang en fonction du mérite plutôt que de l’hérédité, et certaines couleurs étaient utilisées comme symboles de rang dans la société, comme indiqué ci-dessous :

Les 12 couleurs du prince Shotoko - Issho Ni Blog Japon
Les 12 rangs de couleur prévus par le prince Shotoko

Dans ce système, l’utilisation de certaines couleurs étaient interdites (禁色, kinjiki) : seuls les hauts fonctionnaires étaient autorisés à porter des robes de ces couleurs. En revanche, les couleurs désignées sous le nom de yurushiiro (許し色), ou couleurs autorisées, étaient utilisées par le peuple.

Une autre période remarquable pour sa contribution à la sensibilité chromatique traditionnelle japonaise est la période Heian. S’étendant de 794 à 1185, cette époque est considérée comme l’apogée de la cour impériale japonaise et est réputée pour son art, notamment en poésie et en littérature.

C’est au cours de cette période que de nombreuses œuvres célèbres, telles que Le « Dit du Genji« , ont été écrites. La poésie et la littérature de la période Heian sont particulièrement expressives, et de nombreux noms et descriptions de couleurs ont vu le jour dans les pages de ces œuvres traditionnelles. Bien qu’aujourd’hui on utilise plus volontier les transcriptions des couleurs en anglais pour certaines couleurs, cela ne veut pas dire qu’elles n’ont pas de nom en japonais :

  • Orange :
    橙色 (だいだいいろ、daidaiiro) qui tire son nom du daidai, un agrume
  • Rose :
    桃色 (ももいろ、momoiro) qui tire son nom de la couleur de la pêche (momo)
  • Gris :
    灰色 (はいいろ、haiiro), couleur de la cendre


Petite anecdote

Le prince Shôtoku est l’une des personnes historiques les plus représentées dans l’art japonais et fait l’objet de diverses légendes le décrivant comme capable de parler dès la naissance par exemple. On dit également qu’il était capable de comprendre et de répondre à 10 personnes à la fois.

La signification des couleurs en japonais

Comme nous venons de le voir, depuis bien longtemps les couleurs ne sont pas utilisées au hasard. Chacune possède une signification et un sens, et les connaître  permet de mieux comprendre ce que l’on voit.

Par exemple, lorsque l’on entend le mot sakura-iro (couleur des cerisiers), tout le monde imagine sans doute les pétales de cerisier, aussi éphémères que magnifiques, qui annoncent l’arrivée du printemps. De même, le terme aiiro (bleu d’indigo) évoque les tissus aux teintes profondes et apaisantes issus de la teinture traditionnelle japonaise à l’indigo.

Ainsi, les couleurs traditionnelles japonaises sont étroitement liées à la nature qui nous entoure et à nos activités quotidiennes. En comprenant leur signification et leur contexte, on peut appréhender plus profondément l’esthétique japonaise. Les tenues de kimono par exemple gagnent en profondeur et en message, et deviennent non plus de simples vêtements, mais de véritables expressions.

Mais il faut bien garder en tête qu’il n’existe pas UNE interprétation commune à tous. Selon les régions ou même simplement les individus, la perception des couleurs peut changerVoici donc ce que représentent généralement les principales couleurs en japonais :

Rouge (赤 / Aka)

  • Signification positive : énergie vitale, passion, confiance, courage, leadership. Couleur qui stimule et redonne de l’élan
  • Signification négative : colère, impulsivité. Vue comme la même énergie que la passion, mais exprimée négativement
  • Dans les faits : le rouge (souvent le vermillon, shu-iro) est associé depuis l’Antiquité à la protection contre le mal et les maladies. C’est la couleur des torii des sanctuaires shintô, du gilet rouge (akai chanchanko) offert à 60 ans, et des poupées porte-bonheur akabeko, dont le rouge protège du mal et les taches noires symbolisent la variole écartée

Orange (橙 / Daidai)

  • Signification positive : chaleur, joie, convivialité, sociabilité, ouverture aux autres, stimulation de l’appétit
  • Dans les faits : très utilisé dans les restaurants (notamment familiaux) pour créer une ambiance chaleureuse et décontractée propice à la conversation, ainsi que dans les salles d’attente d’hôpitaux et cliniques pour apaiser les patients avant une consultation

Jaune (黄色 / Kiiro)

  • Signification positive : espoir, intelligence, joie, curiosité, envie de se faire remarquer
  • Signification négative : côté puéril, besoin d’attention excessif, tendance à fuir ses responsabilités
  • Dans les faits : dans le feng shui, très suivi au Japon dans l’aménagement intérieur, le jaune est associé à la prospérité financière. On le place volontiers dans la salle de bain, les toilettes ou la cuisine (éléments liés à l’eau) pour attirer la chance, ou en rideaux légers côté ouest de la maison pour éviter les dépenses inutiles

Vert (緑 / Midori)

  • Signification positive : paix, équilibre, sécurité, capacité d’auto-guérison, esprit de médiation et de conciliation
  • Signification négative : tendance passive et conservatrice, difficulté à prendre des initiatives
  • Dans les faits : en feng shui, le vert sert à harmoniser le flux d’énergie (ki) dans les pièces où le feu et l’eau se côtoient (cuisine et salle de bain), lieux jugés propices aux déséquilibres énergétiques. On l’utilise aussi dans les toilettes, proches de l’électricité (rattachée à l’élément feu)

Turquoise (ターコイズブルー / Tâkoizu burû)

  • Signification positive : créativité, expression de soi, communication, ouverture d’esprit, réalisation de ses rêves à son propre rythme
  • Dans les faits : en accessoires portés près de la gorge (foulards, colliers), il est censé favoriser l’expression et la communication

Bleu (青 / Ao)

  • Signification positive : calme, sérénité, confiance, sincérité, talent, écoute et communication authentique
  • Signification négative : effet coupe-faim (donc gênant en restauration)
  • Dans les faits : très utilisé dans le monde professionnel japonais pour donner une image sérieuse et digne de confiance, il est fréquemment choisi comme couleur de marque des entreprises. Il est notamment associé au blanc pour évoquer la fraîcheur et la propreté

Bleu roi (ロイヤルブルー / Roiyaru burû)

  • Signification positive : intuition, discernement, noblesse, aspect mystérieux et apaisant pour les émotions sensibles
  • Dans les faits : perçu comme une couleur de sérieux et de loyauté, elle est utilisée pour les costumes d’entretien d’embauche (recruit suit) et les uniformes de police au Japon, en raison de l’image d’intégrité et de compétence qu’elle véhicule

Violet (紫 / Murasaki)

  • Signification positive : spiritualité, méditation, guérison intérieure, élégance et raffinement (image de noblesse à Kyôto notamment)
  • Signification négative : parfois perçu comme une couleur de frustration ou « maladive »
  • Dans les faits : couleur autrefois rare et réservée aux personnes de haut rang, elle garde une image noble et raffinée liée à l’esthétique kyotoïte (miyabi). On l’utilise avec parcimonie dans la décoration des pièces japonaises traditionnelles, ainsi que dans les lieux de culte et de méditation pour instaurer calme et solennité

Magenta (マゼンタ / Mazenta)

  • Signification positive : amour puissant et énergique, soutien aux personnes qui prennent soin des autres (soignants, aidants)
  • Signification négative : couleur artificielle, absente de la nature, souvent citée comme l’une des couleurs les plus détestées dans les sondages car jugée trop voyante
  • Dans les faits : son usage est surtout symbolique via des pierres associées au métier du soin

Rose (ピンク / Pinku)

  • Signification positive : amour, bonheur, bienveillance, féminité, régénération et dynamisme retrouvé
  • Signification négative : dépendance affective, difficulté à s’autonomiser, tendance à s’appuyer excessivement sur les autres
  • Dans les faits : il se marie particulièrement bien au teint des femmes Japonaises, ce qui en fait une couleur très prisée en maquillage et en mode pour un rendu naturel et flatteur. Son intensité est modulée selon l’intention (rose pâle pour se réconcilier, rose vif pour une déclaration)

Blanc (白 / Shiro)

  • Signification positive : pureté, propreté, nouveau départ, capacité à repartir à zéro
  • Signification négative : profil perfectionniste parfois exigeant envers soi-même
  • Dans les faits : couleur qui reflète toute la lumière et rejette symboliquement les énergies négatives. La robe de mariée blanche est symbole de renouveau, de pureté

Noir (黒 / Kuro)

  • Signification positive : élégance, prestance, sentiment de luxe, capacité à mettre en valeur ce qui l’entoure
  • Signification négative : couleur qui referme les émotions, associée à une certaine rigidité ou obstination. En mode, elle sert aussi à se protéger du regard des autres, comme une armure
  • Dans les faits : très employé dans l’emballage des produits de luxe ou de bouche au Japon (coffrets d’osechi, boîtes de sushis, bentô de gare, et de plus en plus les pâtisseries) car il donne une impression de poids et de qualité supérieure. En mode, le costume noir renvoie une image de force et d’autorité, un peu comme une armure là aussi

Exemples de phrases

Comment demander la couleur de quelque chose ?


何色ですか。
Nani-iro desu ka ?
De quelle couleur est-ce ?

Par exemple :

これは何色ですか。
Kore wa nani-iro desu ka ?
De quelle couleur est ceci ?

Réponse :

赤です。
Aka desu.
C’est rouge.

Ou :

緑です。
Midori desu.
C’est vert.

Comment dire « J’aime… (une couleur) » en japonais ?


Couleur + が好きです
Couleur + ga suki desu
J’aime le/la couleur

Par exemple :

赤が好きです。
Aka ga suki desu.
J’aime le rouge.

青が好きです。
Ao ga suki desu.
J’aime le bleu.

緑が好きです。
Midori ga suki desu.
J’aime le vert.

Pour demander, il suffit de mélanger les deux formules précédentes :

何色が好きですか。
Nani-iro ga suki desu ka ?
Quelle couleur aimez-vous ?

Réponse :

黒が好きです。
Kuro ga suki desu.
J’aime le noir.

Conclusion

Les couleurs en japonais est un sujet bien plus vaste qu’il n’y paraît !

La langue japonaise, de par sa nature dérivée des sinogrammes chinois qui représente aussi bien des objets que des idées, a évolué en même temps que la société. C’est pareil pour les couleurs qui, alors qu’elles n’étaient que 4 au départ, ont évolué en centaines d’autres selon les besoins de la population nippone.

En apprendre toujours plus sur la culture est toujours très important lorsque l’on s’intéresse à un pays et une langue et permet de profiter bien plus lors d’un voyage. Si vous souhaitez en plus de ça échanger avec des locaux, qui parlent très peu anglais, passez voir ma formation en ligne de japonais !

SOURCES

À propos de l'auteure

Marion - prof de japonais Issho Ni | Apprendre le japonais

Marion, passionée du Japon qui propose des formations de japonais en ligne ainsi que des voyages au Japon.

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