Les trois systèmes d'écriture de l'alphabet japonais : hiragana, katakana et kanji - Blog Japon Isshoni - Couverture

Alphabet japonais : hiragana, katakana et kanji expliqués

Si « alphabet japonais » est une recherche courante, il n’en existe pourtant pas à proprement parler ! La langue japonaise est en fait composée de 2 syllabaires que l’on appelle « kana », ainsi que de kanji. Ce sont donc bel et bien 3 systèmes d’écriture distincts qui composent la langue japonaise et non pas juste un alphabet comme en français.

Pourquoi on ne parle pas d'alphabet japonais

L’écriture japonaise a de quoi faire peur, mais vous allez voir grâce à cet article qu’il n’y a vraiment pas de quoi s’inquiéter !

Ce que beaucoup appellent « alphabet japonais » se compose en fait de deux syllabaires (les hiragana et les katakana que l’on appelle kana). Ces kana n’ont pas de sens propre, et leur but n’est que phonétique tout comme notre alphabet à nous.

Les kanji, quant à eux, sont ce que l’on appelle des idéogrammes (symboles graphiques représentant un mot ou une idée). Dit comme ça, forcément, c’est un petit peu inquiétant… mais dans les faits il n’en est rien ! Il faut voir les kanji un peu comme nos mots à nous : ils s’apprennent tout au long de la scolarité des élèves Japonais. Et d’ailleurs, l’apprentissage continue même adulte, tout comme nous apprenons régulièrement de nouveaux mots en français en grandissant. Quand on sait que le français usuel compte environ 30.000 mots, cela fait bien moins peur d’un coup, non ?

Alphabet japonais et systèmes d'écriture - Isshoni
Les trois systèmes d'écriture japonais ©IsshoNi
Sommaire

Les hiragana

Caractéristiques
Au niveau de leur forme, les hiragana sont plutôt arrondis, avec de nombreuses boucles et autres formes circulaires. Il y a en tout 46 hiragana (en noir sur le tableau ci-dessous), mais il existe des variations (en rouge et en bleu) qui se créent par l’ajout d’un diacritique (signe ajouté au caractère afin d’indiquer que le son varie légèrement) :

  • Le dakuten (aussi appelé nigori ou ten-ten) modifie le [k] en [g], le [s] en [z], le [t] en [d] et le [h] en [b]
  • Le handakuten (aussi appelé maru) modifie le [h] en [p]
Tableau des hiragana - Isshoni
Tableau des hiragana ©IsshoNi

Utilisation
Dans la langue japonaise actuelle, les
hiragana servent pour :

  • les terminaisons (de verbe ou d’adjectif) ;
  • les particules grammaticales (chose que nous n’avons pas en français et qui permet de définir la fonction des mots la précédant comme le thème, le COD, le lieu, etc…)
  • remplacer certains kanji devenus trop rares ou compliqués ;
  • donner la lecture des kanji potentiellement inconnus du lecteur en l’écrivant en petit au-dessus ou à côté. On appelle cela des furigana.

Il est donc impossible d’avoir une phrase complète en japonais sans l’utilisation d’au moins un hiragana. C’est d’ailleurs pour cela que c’est la première chose à apprendre lorsque l’on souhaite apprendre le japonais, chose possible très facilement grâce à ma formation en ligne !

En effet, suivant l’œuvre, vous pouvez quasiment tout lire dans un texte en japonais en ne connaissant que les hiragana vu que la lecture des kanji est donnée grâce aux furigana.
Exemple de furigana - Isshoni
Exemple de furigana (en bleu) - My Hero Academia (Shûeisha)

Les katakana

Caractéristiques
Au niveau de leur forme, les katakana sont plutôt anguleux, avec de nombreuses formes carrées. Il y a autant de katakana que d’hiragana, soit 46 katakana (en noir sur le tableau ci-dessous), avec les mêmes variations (en rouge et en bleu) qui se créent par l’ajout d’un diacritique (signe ajouté au caractère afin d’indiquer que le son varie légèrement) :

  • Le dakuten (aussi appelé nigori ou ten-ten) modifie le [k] en [g], le [s] en [z], le [t] en [d] et le [h] en [b]
  • Le handakuten ゜(aussi appelé maru) modifie le [h] en [p]
Tableau des katakana - Isshoni
Tableau des katakana ©Issho Ni

Utilisation
Dans la langue japonaise actuelle, les katakana servent pour :

  • les mots d’origine étrangère (comme des noms/prénoms, des marques, des objets, etc…) ;
  • mettre en emphase un mot en particulier : les katakana ressortent beaucoup dans un texte en japonais ;
  • adoucir un mot à connotation négative : par exemple 試験 (shiken, examen) que l’on remplace par テスト (tesuto, test). Les kanji donnent une impression stricte alors que les katakana rendent la chose moins grave ;
  • retranscrire les onomatopées : vous pouvez voir tout un tas d’exemples en ouvrant un manga ;
  • rendre cool un mot en utilisant un équivalent occidental : par exemple ビジネス (bijinesu, business) au lieu de 経済 (keizai, économie/finance). C’est notamment utilisé dans des milieux comme le marketing.

Attention tout de même à la retranscription des mots étrangers en katakana qui est toujours basée sur la prononciation du mot et non pas sur l’orthographe de ce dernier !

➔ Exemple : pour la ville de Paris, on retranscrira bien パリ (pari) et non pas パリス (parisu) étant donné que le [s] final ne se prononce pas en français.
 
Exemple de katakana - Jojo - Isshoni
Exemple d'usage de katakana - Jojo's Bizarre Adventure (Shûeisha)

Les kanji

Généralités
Pour les kanji, c’est un petit peu plus compliqué car il y en a 2136 reconnus officiellement par le Ministère de l’Éducation du Japon (mais techniquement, il en existe des dizaines de milliers).

Les kanji sont composés de ce que l’on appelle des radicaux ou des clés, et on retrouve donc très souvent les mêmes composants d’un kanji à l’autre. Donc plus vous en apprenez, plus il sera facile et rapide d’en apprendre de nouveaux !

Exemple de radical de kanji - Isshoni - Alphabet japonais
Exemple de radical avec la clé de l'eau (en orange)

Spécificités
La principale caractéristique des kanji est qu’il s’agit de « caractères idéographiques », c’est-à-dire que chaque caractère a une signification en soiCela diffère fondamentalement des « caractères phonétiques » tels que l’alphabet français ou les kana. Par exemple, le kanji « 山 » représente en soi le concept de « montagne ».

Les kanji ont également une ou plusieurs prononciations et c’est ce qui fait généralement peur aux débutants en japonais. Ils possèdent ce que l’on appelle une double structure de lectures : la lecture Kun (prononciation dite à la japonaise qui s’utilise généralement quand le kanji est seul) et la lecture On (prononciation sino-japonaise qui s’utilise généralement quand le kanji est combiné avec un autre).

Par exemple, si on reprend l’exemple précédent, le kanji « 山 » se lit « yama » en lecture Kun et « san » en lecture On. Seul, le kanji se lira donc « yama » et se traduira par « montagne ». Mais s’il est combiné avec le kanji du feu par exemple, nous utiliserons alors les lectures On des deux kanji (montagne et feu) :

  •  火 (feu) ➔ lecture Kun = hi / lecture On = ka
  •  山 (montagne) ➔ lecture Kun = yama / lecture On = san/zan
  • 火山 (volcan) ➔ lecture = kazan

Vous noterez au passage la logique de la combinaison vu que montagne + feu = volcan !

Exemple combinaisons de kanji - Isshoni - Alphabet japonais
Exemple de combinaison de kanji
Utilisation Pour l’instant, vous vous dites peut-être que les kanji sont embêtants et que tout serait plus simple en hiragana / katakana ! Je vais donc vous expliquer pourquoi tout cela est réellement indispensable !

① Les homophones Il y en a évidemment dans toutes les langues, mais c’est particulièrement vrai en japonais. Vu que chaque kanji peut avoir plusieurs lectures, on a très rapidement un grand nombre de lectures similaires. Par exemple, かみ (kami), ici écrit en hiragana, peut signifier « papier », « dieu » ou « cheveu ». Comment savoir quelle est sa signification dans une phrase que vous souhaitez traduire ? Avec le contexte ? Oui, parfois cela peut suffire. Mais pas toujours, hélas.

Reprenons maintenant nos différents kami mais avec leur kanji respectif, et non en hiragana :

➔ 紙 (kami) : papier ➔ 神 (kami) : dieu ➔ 髪 (kami) : cheveu

Maintenant, grâce aux kanji, il n’est plus possible de les confondre et vous pouvez les différencier !

② La clarté Deuxièmement, vous l’avez peut-être déjà remarqué, mais il n’y a pas d’espace entre les mots dans une phrase en japonais. Les kanji permettent alors de savoir où commence et où finit un mot. Voyez la différence entre une phrase retranscrite tout en hiragana (au-dessus) et la même phrase mais où nous utilisons les kanji (en-dessous) :

  • きょうはごぜんくじにでんしゃでだいがくへいきます。
  • 今日は午前九時に電車で大学へ行きます。

Les kanji permettent effectivement de rendre la lecture bien plus simple en « séparant » chaque mot. Mais cela, vous vous en rendrez compte rapidement lors de votre apprentissage du japonais. En tout cas, croyez-moi : vous ne pourrez bientôt plus vous en passer !

Enfin, regardez à quel point la phrase s’allonge sans kanji. Et pourtant, il s’agit là d’une phrase très courte. Imaginez à l’échelle d’un livre tout entier !

À l'usage

Les kanji sont principalement utilisés par exemple pour les noms, les adjectifs et les verbes, tandis que les hiragana servent surtout de mots fonctionnels et de terminaisons. Quant aux katakana, ils sont principalement utilisés pour les mots d’origine étrangère.

Exemple lecture japonais - Isshoni
Exemple dans un roman de l'utilisation des 3 systèmes d'écriture

Sur l’image à-côté, je vous ai surligné les katakana en vert, les kanji en bleus et les furigana en rose (placés à côté des kanji pour donner leur lecture aux lecteurs). Tout le reste, ce sont des hiragana.

On constate tout d’abord que les hiragana sont omniprésents. Entre les particules, les furigana, les terminaisons, les adverbes, certains verbes sans kanji… on ne peut pas s’en passer !

Les kanji sont également bien présents et permettent de facilement découper le texte en sachant où commence un verbe ou un nom.

Les katakana sont assez présents dans cet exemple, mais ils sont la plupart du temps absents des phrases car leur utilisation est très ponctuelle afin de faire ressortir un mot, d’adoucir un terme, ou de parler de quelque chose/quelqu’un d’étranger.

C’est probablement un peu dur à bien visualiser sans avoir commencé à apprendre la langue, mais je vous assure que si ce texte était écrit uniquement en hiragana ou en katakana, il serait absolument impossible (même pour un Japonais) d’y comprendre quoi que ce soit !

Personnellement, je trouve que c’est justement cette diversité qui rend cette langue aussi belle qu’intéressante à apprendre. En plus, elle est très modulable dans sa construction, ce qui enlève donc une bonne partie de rigueur que l’on connaît à la langue française.

Conclusion

Parler d’alphabet japonais est donc une erreur et j’espère vous avoir permis de comprendre pourquoi. Le japonais est composé de 3 systèmes d’écritures différents qui s’imbriquent parfaitement les uns avec les autres afin de permettre d’analyser très facilement la fonction de chaque élément.

Techniquement, il faudrait rajouter à tout cela qu’il existe d’autres systèmes d’écriture que l’on peut retrouver dans des textes japonais à savoir :

  • les rômaji (littéralement « caractères romains ») : ce sont les lettres latines comme nous les connaissons et les utilisons ;
  • les arabia-sûji (littéralement « chiffres arabes ») : ce sont les chiffres tels que nous les utilisons. Les Japonais ont des kanji pour compter mais il arrive de voir des chiffres arabes dans les dates par exemple.

On pourrait bien sûr approfondir énormément ce sujet, mais nous verrons cela pour un autre article si celui-ci vous a plu ! Et bien sûr, si vous souhaitez débuter ou continuer votre apprentissage de manière structurée et ludique, je serais ravie de vous y aider via ma formation en ligne.

À propos de l'auteure

Marion - prof de japonais Issho Ni | Apprendre le japonais

Marion, passionée du Japon qui propose des formations de japonais en ligne ainsi que des voyages au Japon.

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2 réflexions sur “Alphabet japonais : hiragana, katakana et kanji expliqués”

  1. Merci Marion !
    C’est une chouette introduction aux systèmes d’écritures japonais.
    Comme dit dans cet article : il ne faut pas avoir peur d’apprendre pas à pas, tout le monde peut y arriver 💪
    Et quelle satisfaction quand on arrive à lire nos premiers mots en japonais !
    Pour l’avoir suivie, je recommande la formation KANA d’Issho Ni 😉
    がんばって !

  2. Tellement agréable de comprendre comment fonctionne l’écriture japonaise ! Merci encore pour toutes ces explications 🙂

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